Kama Muta

Mes journées se fragmentent en sensations, en imagination, en désirs et en résilience. La douceur de la nature, des regards croisés, m’attire et je me sens parfaitement complète, le coeur rempli de joie, d’amour et de gratitude. Je me sens pleinement présente, à la fois intellectuellement, physiquement et émotionnellement, connectée à mes sensations, à mes espoirs et mes craintes. Chaque pas franchi durant ce trek, chaque effort fourni me libère un peu plus de ce qui ne m’appartient plus, de ce qui ne fait plus partie de ma réalité et m’ouvre également le chemin de mes horizons. Alexandra David Neel illustre parfaitement cette sensation dans cette phrase: « Se sentir merveilleusement seule » Le sentiment de liberté m’habite, et avec lui ce que cette notion représente pour moi. Etre libre n’est pas l’absence de contrainte. Au contraire, la liberté représente pour moi la capacité à savoir faire des choix et d’en assumer pleinement les conséquences. Car faire un choix c’est aussi en éliminer d’autres. J’apprend aussi la patience face à certaines difficultés. Ne pas m’attarder sur ce que je n’ai pas, accepter ce que je ne peux pas changer et trouver la force de changer ce que je peux changer. Apprécier autant que possible chaque moment présent. La pratique régulière de la sophrologie depuis un an m’a
fait prendre conscience de l’instant présent. Durant mon trek, cette notion de présence s’invite naturellement à moi, ressentir chaque élément, les différents parfums, la chaleur, le froid, la douleur de mes muscles, la douceur d’un regard, la tendresse d’une intention, mon souffle.. Comme dans chacun de mes voyages, me rapprocher de la culture du pays que je découvre, vivre à un autre rythme et d’une manière différente de la mienne m’invite à la tolérance. La différence nous rapproche les uns des autres lorsque l’on s’y intéresse. J’apprend à recevoir tout cet amour et toute cette bienveillance de la part de ce peuple Tamang. « Par-ce-qu’ailleurs est un mot plus joli que demain » Morand